Un amour de recueil …

KODAK Digital Still Camera
Editions SéLa Prod

Voilà deux mois que je l’attendais et il est enfin arrivé vendredi , juste pour mon anniversaire … c’est donc un amour de recueil doublé d’un joli cadeau que j’ai reçu … Et , cerise sur le gâteau, mon poème « Aubade primitive » qui y fut sélectionné pour y figurer a trouvé pour compagnon de page une  magnifique illustration de l’artiste Michèle Caranove ( pour en savoir plus consultez mon commentaire 😉 )

KODAK Digital Still Camera
Michèle Caranove

AUBADE PRIMITIVE

À l’Aube du monde

Je me suis éveillée.

Cavalier de la Nuit,

Tu étais déjà là .

Heureux, tu m’attendais.

Nous étions lueurs d’Âme ,

Émergeant de son antre.

Nous étions deux fleurs vives,

Deux flammes parmi cent ;

Toutes du même clan.

Au premier chant du monde

Je fis mes premiers pas .

Et toi seul enlaça

Mes gestes orchestrés ;

Faisant chœur de toute éternité.

« Pêcheur d’ Ombres fécondes » ;

Ainsi tu te nommais.

Tu versais sur la terre

Tes œuvres de beauté .

Et moi , berceau de lumière,

Je voulais éclairer

Jusqu’aux grottes profondes

Ton ouvrage parfait.

Pluie de poussière,

Je voulais habiter

Le moindre de tes gestes ;

Habiller d’ or tes pensées.

Voilà des millénaires

Que nous faisions la course

À travers les nuées ;

L’un se cachant de l’autre

Pour mieux se retrouver.

Nos joutes amoureuses

Ont fait naître la lune ;

La douce Séléné .

Et son art de brodeuse

Nous offrit les étoiles.

Nous étendions nos voiles;

Sillonnant à l’envolée

L’Univers tout entier,

Pour raviver l’éclat

Des astres les plus fades.

De ces jeux formidables

D’amants originels

Nous étions fatigués…

Nous nous sommes lassés

De ces danses éternelles.

« Vois, mon âme gémelle,

Je ne veux plus jouer.

Je veux me reposer

Sur ton flanc apaisé. »

Nous nous sommes endormis

À l’ombre de volcans,

Sur les rives d’une Terre

Nouvellement éclose.

À présent rassasiée

D’un sommeil abyssal,

J’hésite à t’éveiller

Pour te révéler un étrange secret…

Vois mon fervent jumeau ;

Du Cosmos au Chaos !

Innocente à nos pieds,

De nos songes tressés,

Est née l’Humanité.

Avons-nous bien rêvé ?

Avons-nous bien œuvré

À répandre sur elle

Nos dons les plus précieux ;

Amour, Amour, Amour …

 

Gracie de la Nef

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Message aux abonnés … et un vœu

 

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Salvador DALI – Montres molles , extrait

Les énergies actuelles m’invitent  à réorienter mon attention vers des activités laborieuses ; ou plutôt à leur consacrer plus de temps ( mais aussi , et ouf, à un travail littéraire de fond ) … Je réorganise ma courbe personnelle de temps. Je serai donc moins présente sur wordpress . Ce qui veut dire que je publierai moins ( peut-être que je publierai d’anciens articles pour les derniers abonnés ; que les anciens me pardonnent 😉 ) . Je serai aussi une visiteuse éclair ; commette ultra intermittente dans le champs étoilé de vos blogs ; et c’est certainement cela qui me peine le plus ( et me manque déjà ) . J’essaierai de me tenir au rythme ( frustrant) d’une visite par mois.

Voici donc mon message du mois ; que j’ai pris pour « prière » depuis que je l’ai découvert:

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magnifique tableau trouvé sur internet ; je cherche le nom de l’auteur … si quelqu’un reconnaît …

UN VŒU

Nous qui sommes rescapés

de la nuit des étoiles

Nous qui sommes

descendants lointains

du rayonnement stellaire

poussière dans l’univers,

poussière de l’univers

et univers nous-mêmes

ne nous laissons pas éparpiller

comme cendres refroidies

ne nous laissons pas éteindre

essayons de briller

rayonnons plus fort

essayons de donner

un peu plus de lumière

répandons en nous

et autour de nous

un peu plus de clarté

 

Nous portons en nous

notre étoile future.

 

Poème de Francis COMBES que j’ai découvert dans le magnifique recueil de poèmes JE RÊVE LE MONDE, ASSIS SUR UN VIEUX CROCODILE illustré par Aurélia FRONTY

KODAK Digital Still Camera

Mon pseudo anagramme et moi même vous saluons !

                                                                                       Gracie de la nef

                                                                                                                                                              Delphine Garcia

Dialogues avec la lune

david carmack lewis
David Carmack Lewis

Dame Lune et moi-même regardions – elle, de son unique globe livide ; moi de mes deux yeux cernés de caféine – des lettres griffonnées sur un papier chiffonné : Livre d’ina-chevet. Devant ce mot « de vrac » , que j’avais inventé lors d’une présentation de lecture , nous sommes restées perplexes ; hors du dialogue un long moment. Alors qu’habituellement nous conversions aisément de tout et de rien – ou plutôt je lui confiais aisément mes tracas et elle , patiemment inclinait sa courbe vers le bord gauche de ma lucarne de salle de bain – nous restions coites et peu loquaces au sujet de ma dernière « invention » . Finalement, agacée par mes longs bâillements, la Dame me fit observer que le train du sommeil déplorait mon retard. Elle m’accompagna de ses rayons lactescents et pris soin de me border avec toute la prévenance qu’on lui connaît ; puis elle retourna à ses étoiles.

Moi, je ne trouvais plus le sommeil . C’est une fois seule que m’était revenue l’envie de palabrer . En fin de compte j’avais deux ou trois choses à dire à la lune…

Sous mon dais de lin tendre je tâchais de trouver le chemin opalin de son méat auditif et je murmurais dans l’orbe ce qui pointait et m’obsédait soudain :

Il y a un livre à mon chevet

c’est un livre d’ina-chevet

L’aurais-je lu en entier

lorsque je mourrai ?

Il y a un livre dans ma cuisine

ce n’est pas un livre de recettes

Je préfère lire Théophile Gautier

Que réussir mon parmentier .

Il y a des livres sous mon lit.

J’en livre les runes à mes nuits

pour chasser les humeurs chagrines

et me faire une vie rêvée.

Il y a un livre dans ma tête

comme une bête à l’agonie

Un jour ou l’autre, ou bien une nuit,

Il me faudra bien l’achever.

Comme elle avait l’ouïe fine , et l’analyse délicate, elle en savoura toutes les nuances et m’avoua, après un court silence, qu’elle était agréablement surprise. Ce poème un peu bête , un peu triste , cette créature bête-triste, ça la changeait des habituelles odes en son honneur que je lui resservais à chaque cycle nouveau . À vrai dire, elle n’en pouvait plus de tous ces poètes qui lui rendaient hommage depuis des siècles.

« c’est à vous écœurer de votre condition ! »

Comment lui expliquer que tout en elle , sa rondeur, son éclat, le mystère de sa part secrète , son obsession à orbiter , tout oui, décidément, invitait le quidam à verser dans la poésie – de la plus admirable à la plus improbable , nous en conviendrons.

ODES A LA RONDE

REINE DU CIEL

« Reine de la nuit à la pâle clarté,

Mon regard indécent , ce soir là , te gênait.

Tu n’osais me montrer ta rondeur ; calfeutrée

Sous le feuillage noir d’un arbre enchanté.

Malgré cet asile agité et puissant

Qui me dérobait tes charmes grisants ;

J’ai attendue, muette comme un amant,

Que ton visage éclaire le firmament.

Ta crainte a disparu ;

Tu as rejoint les cieux dans ta course assidue.

Et enfin je t’ai vue entière et toute nue… »

Mon cœur s’est embrasé

Quand le terre a chanté doucement sa beauté .

Oh ! Cette nuit, superbe, Je l’ai vue danser !

rené magritte l'echo
René Magritte

SÉLÉNÉ

Pleine lune

Dans une mer démontée

De nuages tourmentés .

La vérité crue

Qui dévoile

Monstres nocturnes et fantasmagories.

Enivrant

Vertigineux

Intenable

Je mets les Voiles !

Dans les draps je m’enfouis

À demie effrayée

Émerveillée

Ravie.

Malgré mes justificatifs au nom de tous les poètes de tous les temps; malgré mes excuses  pour les mièvreries qu’elle m’inspirait depuis toujours, elle ne démordait pas de sa lassitude. Elle me confia même que, pour ce qui était de mes propres ouvrages, ma comptine simplette lui convenait bien mieux que mes rengaines ridicules à propos de l’horreur des insomnies …

« Est ce que je me plains de ne dormir qu’une fois par cycle ? »

RITOURNELLE DE NUIT

De fil en aiguille

D’aiguillons en coups d’épée

La pensée se déchire

Ne cesse de couler

Elle s’écoule à grands flots

Sans réserve se déverse

Sur mon sommeil en lambeau

De grises vagues de matières

Inintelligibles ininterrompues

Maintiennent ma tête à l’envers

Essoufflant mon esprit rompu.

Le souffle courbé et le corps tremblant

Dans le grand bain de l’Insomnie

Le temps décuple l’agonie

De mes membres implorants.

Dans le vacarme du silence

Le tic tac des aiguilles danse

Interminable ; interminable…

Ma raison ne tient qu’à un fil.

Quand l’ouragan cessera-t-il ?

Demain, dans mille ans peut être ?

Déjà, la dixième aube pointe…

tête ciel

RÉPONDRE AU PETIT JOUR

Qu’est ce qui toque, toque, toque

Aux portes de ma caboche ?

Quel est ce malheur,

Quel est cette erreur

Qui tinte comme une cloche ,

Qui fait dix fois l’tour ?

Qui hante ma tour ;

Retourne mon esprit,

Le griffe et l’écorche ?

Qu’est ce qui m’étourdit ?

Qu’est ce qui toc, toc, toc

Très fort dans mon cœur ?

Qu’est ce qui coule à flots ,

Qui rend tout pas beau

Et plein de rancœur ?

Qu’est ce qui fait rugir ?

Qu’est ce qui veut vomir,

Qui voudrait guérir ?

Qu’est ce qui clac, clac clac ?

Mes genoux se plaquent.

Qu’elle est la terreur

Qui se terre à cœur

De ce puits sans fond ?

Personne ne répond.

Qu’est ce qui veut grandir ?

Qu’est ce qui veut sortir

Et franchir le pont ?

La nuit a ses raisons.

Elle prit un ton acéré et, d’une voix crayeuse , se mit à me comparer à ces créatures nocturnes ; fléaux des fermetures de bar , totalement avinées.

«  tu t’arrimes à tes peines , comme ces olibrius s’accrochent au premier lampadaire innocent qui traîne en hurlant leur rage – loups garous des temps modernes – entre deux jets de pisse incontrôlés. Ils me gueulent à la face leurs misères épouvantables ; comme tu me déverses tes épouvantes misérables. Non mais ! Vous avez des psys pour ça hein ! »

Face à sa mauvaise humeur croissante – je ne l’aurais jamais cru aussi lunatique ; juste un brin changeante – je me sentais démunie ; et coupable pour tous les rageurs et autres éplorés de la nuit. J’avais juste envie de disparaître sous les draps. Il me fallait trouver une parade. La flatter ; vanter son pouvoir , son influence, son potentiel de révélation ? Redorer mon blason ; mettre en avant ma capacité de transcendance ? Je cherchais dans les replis de ma mémoire une incantation digne de l’amadouer .

SIXIÈME LUNE DE LA CONTEUSE

Récolter les signes, affûter les plumes.

Écarter les brumes. Prélever à l’écume

Ses nectars ; L’essence de la nacre.

Projeter sur les braises l’ombre du grand simulacre.

Agencer le présage des rêves aux cieux.

Muer les rages enténébrées en un atlas radieux.

Lier la peau à l’écorce ;

Léguer la fuite à sa force.

Ainsi danse à la vie ;

Au ras des flots,

Au devant des furies.

À saisir les synchronies.

Ainsi danse chamane,

fortissimo ;

Sans filet, sans arme.

À pêcher le sel des larmes

Et des mots.

j’ai capturé des runes

Dessinées sur la lune.

edwin howland blashfield
Edwin Howland Blashfield

À voir l’aura sinistre qui se dégageait de son masque blafard, j’en conclu que ma tentative avait échouée, et avait même passablement détérioré la tolérance de Diane . Je me sentais naufragée dans une relation qui allait tourner à l’orage. C’est au moment précis ou j’allais plonger lâchement dans le roulis désordonné de ma literie, qu’un nuage compatissant – ou inconscient, que sais-je ? – éclipsa mon amie, désormais transmutée en harpie, et lui cloua le bec.

J’attrapais machinalement le premier livre qui musardait sous mon lit. C’était un vieil almanach des marrées.

Hugo
Victor Hugo

à la grâce d’autres …Henri Bachau

Kay Nielsen
Kay NIELSEN

VIVANT NE VIVANT PLUS

Vivant ne vivant plus

les amants séparés

ne peuvent pas dormir

redisant le nom de l’amour

et la source inconsolable

criant ne criant plus

la bouche enfoncée dans la nuit

ils roulent sur l’oreiller impossible du temps

et c’est le temps qui les nourrit

 

Leurs deux noms enlacés dans la matière noire

les amants séparés ne peuvent plus dormir

priant que le temps passe

priant et suppliant

que le temps de l’amour ne passe jamais

vivant ne vivant plus

vivant l’inexorable

 

 

 

Découvrez le blog de cuisine pétillant de quelqu’un qui m’est cher . Laissez-vous embarquer par sa jolie prose , la beauté des photos et les alléchantes recettes … Son dernier article : Tourte de hobbit, viandes et épices ༻Ceux qui sont de passage dans la Comté — La cuisine de mes humeurs!

Bienvenue à l’auberge du dragon vert ! Un jour, il y a déjà longtemps, j’ai décidé de quitter ma vie de rôdeuse, m’installer à Hobbitbourg et me faire embaucher dans la cuisine d’une auberge et je crois que c’est un des meilleurs choix que j’ai fait dans…

via Tourte de hobbit, viandes et épices ༻Ceux qui sont de passage dans la Comté — La cuisine de mes humeurs!

Appel aux chants … merci Frederick

José Roosevelt
José Roosevelt :

RODER SUR LES CIMES

Le temps s’étire

et, d’une action à l’autre,

j’étale ma paresse;

ma joie de  contempler.

Je me perds sur les pages

d’un livre à regarder.

Je feuillette un recueil;

je copie quelques lignes –

à pécher quelques strophes

tel l’inuit à son puits.

La tête renversée

au-dessus des Monts « d’heures »

je rêve de selkies

entonnant dans l’eau noire,

dans l’encre des secrets,

leurs chants dévergondés.

J’observe mon profil;

j’essaie quelques sourires;

ça me fait bien marrer –

tel l’inuit qui se mire

et grimace dans l’eau.

Je trace quelques runes,

des oghams maladroits;

j’essaie de raconter –

telle la femme du désert

qui rêve de montagnes…

A roder sur les cimes,

il est déjà midi.

Je n’ai pas cuisiné.

Janvier 2019 ; un matin à écouter « Sur les cimes » de Frederick Delius

Gracie de la Nef ( D.A.R. )

Dali the triangular hour
Salvador Dali