« Aubade primitive »

 

KODAK Digital Still Camera

Une belle joie pour moi, en cette fin d’hiver, puisque mon poème « Aubade primitive » sera publié – par SéLa Prod –  dans un recueil de textes autour de la thématique « Amours ancestrales ».

Cet ouvrage sera illustré par l’artiste Michèle Caranove . N’hésitez pas à aller voir ses belles encres sur sa page fb et le blog Artmajeur.

J’ai hâte de voir l’ensemble de l’œuvre ( publication au cour du premier semestre 2019 ) et de partager plus avec vous.

En attendant : quelques extraits de mon texte :

KODAK Digital Still Camera

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à la grâce d’autres … Philippe SOUPAULT

magritte
Magritte; La corde sensible

 

Rien

Plus rien même pas de la cendre
même pas le souvenir plus rien
Plus rien sauf cette joie de l’oubli
ce vent de l’oubli qui arrache tout
détruit tout et saccage le reste
Le moment est enfin venu de ne plus espérer
de ne plus attendre de ne plus croire
de ne plus s’imaginer de ne plus trembler
savoir qu’on ne craint plus le vide
que tout est consommé consumé désincarné
que ce qui était n’est plus plus rien
même plus rien même pas le néant

Je ne ricane plus je ne souris plus
Je ne baisse plus les yeux ni ne les lève
Je ne les frotte même plus je ne dors pas
Je veille comme une pierre sans son ombre
Et je suis transparent comme le temps
Je vis comme vivent les nuages et la fumée
Je m’efface et jusqu’aux dernières traces

Philippe SOUPAULT

 

Chargés de lassitude ,

Ils font vœux d’inexister

Et éclatent en sanglot …

GdlN in LE MÉRITE DES NUAGES

Pierre Prins
Pierre PRINS ; Ciel breton au Pouldu

 

Revue ENCRES … et libres d’être

encres
Image collectée sur la revue ENCRES (n°0) , réalisée  Claude Billès

J’étais ravie d’apprendre que le n°2 de la revue artistico-littéraire ENCRES sortait le 16 mars . Vous  y trouverez deux de mes poèmes « A nos candeurs abusées » et « Fleur de sel » – sur la double thématique POLI/BRUT .  Mes textes seront édités sous mon pseudo Gracie de la Nef ⛵️🌎. J’ai hâte de la recevoir et de découvrir les autres auteurs !

Extraits :

« A NOS CANDEURS ABUSÉES

Entre ses mains ils avancent masqués
et c’est l’Atroce qui l’emporte sur cette démence que j’aime tant.
Ses éventreurs ont tiré sur ma peau une note perlée qui évoquait les cimes imprenables .

…  »

« FLEUR DE SEL

Pourtant c’est lui toujours
lové en son écrin
qui me berce sans fin de son chant cristallin.

…  »

Pour cet appel à participation j’avais proposé quatre poème . deux ont été retenus… et deux autres ont été LIBÉRÉS . Oui c’est ce à quoi j’ai songé ; qu’ils étaient libres d’être …

Libres d’être hors champs d’une revue

Libres d’ errer où bon leur semble sans le poids d’une nomination

Libres d’avoir été écrits , une fois n’est pas coutume, par pur plaisir du jeu d’écriture. Car, pour cette double fois en effet , je n’ai pas fais appel à ce qui a transité plus ou moins longtemps, plus ou moins intensément par mes cellules, ma mémoire, mais je me suis laissé guider par le plaisir de répondre à la « commande littéraire » . Et ce fût un vrai plaisir.

Libres, donc, d’avoir suscité le plaisir gratuit de la création

Libres d’accepter d’être partagés ici avec un très grand plaisir avec ceux qui passent … comme une manière de les remercier 🙂

Poli :

CHAIR VOUS,

Je vous demande

Pardon ;

vos yeux en amande

avaient

raison.

Cette gifle profonde

sur le flanc de nos rires

n’était pas assez forte.

Quand nos amours sont mortes,

il faut laisser rugir

les fouets, le sang et l’onde

pour abluer

les regrets.

Il faut noyer encore

les images brodées

d’insalubres mensonges ;

il faut crever enfin

ses yeux à l’illusion.

Je vous dis, beau Trigame,

l’élan que nous portions

était protéiforme ;

Golem sans nom ni âme –

une chose à jeter.

Nos chaînes vénéneuses

n’ont pris que trop d’essor.

Nos haines acrimonieuses

sont restées bienséantes –

ce fut notre trésor.

Mais laissez-moi vous dire

sans être trop abrupte

combien je m’ennuyais.

Après l’amour,

les larmes ;

advint la lutte armée .

Moi, je me suis lassée

de tant vous détester.

Donc, adieu.

 

Brut :

RHAA ! JE  :

Je te fustige ;

je te pulvérise,

crevant tes yeux

remplis de tort.

Je pressure nos joies

d’une main ferme et sûre.

Je griffe, je rage, je mords !

Les soupirs d’amertume,

je les envoie valser

à coups de schlague dure.

Je vais karchériser

nos ébats moribonds

jusqu’à dissolution.

Je maintiendrai sous l’eau

nos momeries sucrées

jusqu’à étouffement !

Et les rêves de mioches,

je les écharperai

sur un autel de roche

consacré au réel.

Si tu me dis encore

« Je te veux, soyons fous !»,

je te démolirai.

Et ton cœur de boue ;

ton cœur dur et grossier,

s’il bat, je le dévore …

Approche et je te cogne !

Nos serments, je m’en cogne !

Nos serpentes insultes

j’en fais, douce besogne,

du gravier pour l’égout.

Je veux te rudoyer,

te bastonner de mots ;

te hurler mon dégoût

pour nos corps alanguis,

nos rixes hystériques

et mes poings sur tes i

je t’aime encore trop !

Sois broyé , maudit !

GdlN 2019 D.A.R.

Merci encore à celles et ceux qui passent du temps à feuilleter mon blog

Gracie de la Nef  (alias Delphine et … Vice versa)

PS: Pour vous procurer la revue : toutes les démarches sur le site d’ENCRES

 

Boutons d’étoiles

KODAK Digital Still Camera
Christophe Anselme Rodriguez : extrait de toile 2017

Par ta peau opaline des flocons de lait se libèrent ;
flamboyants enfants qui s ‘élèvent jusqu’aux cieux de l’univers,
vers mes pupilles sombres,
nefs illuminées.
Ce flot stellaire navigue en une grâce étincelée.
Message dans le murmure du néant,
il me rappelle que, dans la nuit,
l’amour nous est gardé.

Christophe A.R. ( 2018 D.A.R. )

Roman photo

 

KODAK Digital Still Camera

Première image d’une vision familière renouvelée

me caresse d’une nostalgie que je souhaiterai ne jamais rencontrer…

Pourvu que le Pouldu perdure;

qu’il pérennise le bonheur des douceurs hivernales

de l’ouest dont je me suis éprise.

KODAK Digital Still Camera

Pourvu que ses côtes ne s’épuisent

mais pourfendent nos coeurs de leurs robes perpétuales

et de leurs clameurs pluviales.

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Éclats d’écume en ombelle en corymbe ou en étoile;

fleurs de sel en fin de chevauchée

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Pourvu que le Pouldu nous mène jusqu’au bout

encore maintes fois, au bord de ses falaises.

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Plus loin, finissent les terres et viennent les roches noires

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Où , seuls, dominent les cormorans.

Pourvu que le Pouldu…

 

Gracie de la Nef ( février 2019 D.A.R.)

Mots d’autres … Zéno Bianu

Car le poème est toujours l’énergie d’une voix – il est chant, il est pouvoir. Pouvoir de l’incantantion, efficacité magique de la parole chez Orphée – auquel, selon Platon, fut révélée la poésie. Pouvoir de l’improvisation poétique chez les Indiens Navajos, dont les « chants de chevaux » sont des actes de bénédiction et de guérison. Pouvoir du Livre qui, dans la mystique juive n’est autre que la matière même de Dieu, sa « peau sonore » , pour reprendre une expression de René Daumal – un infini rythmique.